Depuis leur succès historique en Ligue des champions, cette question est sur toutes les bouches : qui peut se targuer d’être un rival sportif pour le Paris Saint-Germain ? On pense évidemment à l’Olympique de Marseille mais il n’est plus le seul à prétendre à cette distinction particulière.

Le PSG s’impose 4-1 aux tirs au but pour remporter le Trophée des champions après une égalisation miraculeuse dans le temps additionnel face à Marseille. © Paris Saint Germain

En mai dernier, le Paris Saint-Germain soulevait la Coupe aux grandes oreilles pour la première fois de son histoire. Ce succès parviendrait presque à faire oublier aux supporters toutes ces désillusions, ces ratés et même la Remontada tant la joie fut grande. Mais depuis cette victoire historique, on se demande qui peut légitimement se revendiquer comme antagoniste sportif du club parisien. 

l’Olympique de Marseille

Le premier nom qui vient en tête est celui de l’Olympique de Marseille. À la fin des années 80, Bernard Tapie, alors président de l’OM, cherche un nouvel adversaire de rang pour remplacer les Girondins de Bordeaux et motiver ses joueurs. Puis, à mesure que Canal+ s’installe au club, la chaîne oscille entre tactiques d’apaisement entre les dirigeants des deux clubs et gonflement de la rivalité : elle fait revêtir aux rencontres des allures de Classico qui deviennent le rendez-vous du football français et remplace progressivement Marseille-Bordeaux.
Mais rapidement la rivalité sportive s’efface et reste seule la rivalité entre supporters. Les uns sont interdits de déplacement chez les autres et inversement. Dans les années 2010, l’écart sportif est tel que les Marseillais ne gagneront plus aucune confrontation entre le 27 novembre 2011 et le 13 septembre 2020. 
Il aura fallu attendre ce 22 septembre 2025 pour voir les Phocéens s’imposer au Vélodrome en Ligue 1, face au PSG. Aujourd’hui, il subsiste une rivalité symbolique tout de même importante, même entre les joueurs, mais les confrontations sont souvent à l’avantage des Parisiens.

Ultra domination

Ces dernières années, d’autres clubs français font usage de rivaux ponctuels : l’Olympique Lyonnais de 2000 à 2010, l’AS Monaco en 2017 ou encore le LOSC en 2021. Pour ces deux derniers, c’est surtout leur sacre dans une ère d’ultra domination du PSG qui rend l’exploit significatif. D’autant plus avec des effectifs dont la valeur totale est de plusieurs millions en deçà de la ville lumière. 
Cette saison, un match a retenu l’attention : voisins d’à peine quelques centaines de mètres, le Paris FC et le PSG se sont affrontés pour la première fois de leur histoire commune en Ligue 1. Mais les joueurs du PFC restent lucides à l’image de leur capitaine :

Oui, par rapport à la localisation des deux stades mais aujourd’hui, il y a trop d’écarts entre le PSG et le PFC. Nous, on doit se maintenir, et après, on pourra peut-être écrire une histoire, déjà en L1 et créer un derby… Pour vous, la presse, ce serait beau mais on en est au début du projet, ce serait présomptueux de parler de réel derby.

Maxime Lopez, ancien joueur de l’OM maintenant au Paris FC. Au micro de Foot Mercato.

La réponse est peut-être à aller chercher sur la scène européenne.

Selon les estimations de Transfermarkt.

Un plafond de verre

En Ligue des champions, le PSG a affronté tous les gros poissons d’Europe : FC Barcelone, Real Madrid, Chelsea, AC Milan, Manchester City, Bayern Munich… Et depuis deux ans, aucune équipe ne fait peur aux Parisiens. Ça n’a pas toujours été le cas : avant leur sacre de mai 2025, le PSG se heurtait à un plafond de verre variable selon les années. En quart de finale et en huitièmes, les supporters de la capitale ont connu bon nombre de défaites marquantes.

• En 2014 – Quart de finale vs Chelsea
Après une victoire 3-1 à domicile, le PSG perd 0-2 à Londres et est éliminé via la règle du but à l’extérieur alors en vigueur.

• En 2017 – Huitièmes de finale vs FC Barcelone
Après un 4-0 au Parc, le PSG s’effondre 6-1 à Barcelone dans une remontada historique et douloureuse.

• En 2019 – Huitièmes de finale vs Manchester United
Le PSG s’impose 2-0 à l’aller mais chute 1-3 au Parc. Marcus Rashford hante aujourd’hui encore les supporters.

• En 2020 – Finale vs Bayern Munich
Le PSG perd 0‑1 à Lisbonne, sur un unique but de Kingsley Coman, ancien titi et manque sa première finale de Ligue des champions.

L’humiliation

Par le caractère marquant de l’élimination de 2017 (tant les probabilités étaient en faveur des Parisiens), le FC Barcelone peut aujourd’hui être considéré comme un rival légitime. Cette rencontre sonne, pour beaucoup, le début d’un traumatisme que les cadres du PSG ont traîné année après année et qu‘ils ont cherché à exorciser. Marquinhos, Verratti, Lucas, Rabiot… et tous ceux restés au Paris Saint-Germain après ont joué en gardant en tête l’humiliation vécue au Camp Nou après un triomphe au Parc. Chaque choc passé et à venir contre les Catalans est perçu comme une revanche possible dans le cÅ“ur de Paname. 


Au final, déterminer le véritable rival du PSG dépend du prisme par lequel on regarde le football. Sur le plan national, l’Olympique de Marseille reste le symbole d’une opposition historique et passionnelle, même si l’écart sportif s’est creusé ces dernières années. Sur la scène européenne, certains matchs marquants, comme la Remontada face au FC Barcelone, ont laissé des traces indélébiles et créé des antagonismes plus psychologiques que sportifs. Peut-être que le PSG, aujourd’hui dominant, n’a plus un rival unique et évident, mais une constellation d’adversaires qui le challengent à différents niveaux, symbolique, historique ou continental. Et c’est peut-être là toute la singularité de ce club : il ne se mesure plus seulement aux autres, il se mesure à l’histoire et à la grandeur du football lui-même.

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