Les fans du monde entier trépignent d’impatience ! Il ne reste que deux matchs avant le Super Bowl. Et en AFC, Broncos et Patriots s’affronteront pour un ticket direction San Francisco, en NFC le duel est plus qu’attendu.

Historique de la rivalité

Pendant longtemps, les deux franchises se sont croisés sans vraiment créer de rivalité. Mais un réarrangement des conférences va changer la donne : en 2002, la NFL réorganise tout : dorénavant, Seahawks et Rams (alors à Saint-Louis) jouent en NFC West et se disputent régulièrement la première place de la conférence.
Avant ça, les Seahawks jouaient en AFC West, mais grâce à ce ré-alignement, Seattle et Saint-Louis s’affrontent deux fois par an : c’est là que la rivalité née vraiment. Très vite, les Seahawks prennent l’ascendant. Emmenés par Mike Holmgren puis, plus tard, par la génération Shaun Alexander, Seattle domine les années 2000. Entre 2005 et 2009, la franchise du Nord-Ouest enchaîne une série de dix victoires consécutives contre les Rams, installant un rapport de force durable et frustrant pour leurs adversaires.

Des playoffs pour graver la rivalité

Si la saison régulière nourrit la tension, les playoffs la gravent dans la mémoire collective. En janvier 2005, Rams et Seahawks se retrouvent en Wild Card. À Seattle, St. Louis s’impose 27-20, infligeant une élimination douloureuse à son rival de division. Seize ans plus tard, l’histoire se répète : en 2020, les Rams, pourtant privés de leur quarterback titulaire Jared Goff, éliminent à nouveau Seattle (30-20) sur la pelouse de Lumen Field.

Deux confrontations de playoffs, deux victoires des Rams. Un détail statistique, mais un symbole fort dans une rivalité par ailleurs très équilibrée.

Années 2010 : tensions, contrastes et matchs serrés

La décennie 2010 est celle des contrastes. Seattle s’installe parmi l’élite NFL avec l’ère Pete Carroll, Russell Wilson et la Legion of Boom, culminant avec un Super Bowl remporté en 2013. Les Rams, eux, traversent une période plus instable, marquée par leur déménagement de St. Louis vers Los Angeles en 2016. Pourtant, malgré ces trajectoires opposées, les confrontations restent accrochées. Les Rams deviennent même l’un des adversaires les plus gênants pour Seattle, capables de faire tomber les Seahawks au pire moment, y compris lors de saisons dominantes de ces derniers.

Avec l’arrivée de Sean McVay en 2017, Los Angeles retrouve de la crédibilité et rééquilibre définitivement la rivalité.

Sous les ordres que Sean McVay, les Rams visent leur 3ème apparition au Super Bowl en 7 années. © LA Rams

Une rivalité toujours aussi disputée

Ces dernières saisons confirment une tendance : aucun des deux camps ne parvient à prendre le large durablement. Les victoires s’alternent, souvent sur des écarts minimes, dans des matchs à fort enjeu pour la course aux playoffs ou au titre de division.
À l’aube de la saison 2026, le bilan global est quasiment à l’équilibre, avec un léger avantage pour Seattle en saison régulière, tandis que les Rams dominent en playoffs. Une rareté dans une ligue souvent marquée par des rivalités à sens unique.
Ce qui n’était qu’une opposition occasionnelle est devenu, au fil des réformes et des affrontements répétés, une rivalité structurante de la NFC West. Rams et Seahawks ne se définissent pas uniquement par leurs titres ou leurs cycles de succès, mais aussi par leur capacité à se neutraliser, à se frustrer et à se battre pour chaque mètre, deux fois par an.

Une rivalité sans folklore excessif, mais profondément ancrée dans la compétitivité et c’est précisément ce qui la rend durable.

Ce weekend

Seattle et Los Angeles se retrouvent pour la troisième fois de la saison, cette fois-ci avec une place en Super Bowl LX à la clé. Chacune des deux équipes a remporté un match cette saison : les Rams s’étaient imposés 21-19 à domicile en novembre, avant que les Seahawks ne répliquent dans un match absolument fou en décembre, remporté 38-37 en prolongation après un incroyable comeback. Sur le papier, ce duel est l’un des plus serrés de la saison. Les séries régulières et les confrontations récentes montrent des écarts minimes : un point et un yard séparant les totaux offensifs entre les deux équipes cette année.

Les clés du match : forces et faiblesses

Les Rams misent sur une attaque très prolifique, notamment grâce à Matthew Stafford, en pleine forme lors de la saison, et un jeu aérien efficace. Stafford, MVP potentiel de cette campagne, pourrait être forcé à une grande soirée s’il veut déjouer la défense de Seattle. À noter que depuis quelques matchs, Stafford semble en difficultés et cela pourrait bien empêcher les Rams de jouer leur football. Les Seahawks s’appuient sur une défense considérée comme l’une des meilleures de la ligue (première en points encaissés par match). Cette unité est taillée pour étouffer les attaques et faire basculer les matchs. Les afficionados ne manqueront pas de se rappeler la célèbre Legion Of Boom devant leur télé. Malgré une saison marquée par des hauts et des bas et une douleur à l’oblique, Sam Darnold s’est dit « très prêt » à disputer ce match. La capacité du quarterback de Seattle à protéger le ballon sera cruciale, surtout face à une pression défensive agressive. De leur côté, les Rams gèrent certaines absences mais devraient être en mesure de proposer un beau spectacle.

Sam Darnold ne devrait pas être gêné ce weekend contre Los Angeles. © Seahawks

Deux scénarios probables

Si la défense de Seattle domine, comme elle l’a fait toute la saison, le tempo du match restera bas, avec une possession longue, un jeu au sol plus fréquent et peu de larges éclairs offensifs. Cette approche pourrait favoriser un score plus serré et sous la ligne de plus de 46–47 points, comme certains modèles le suggèrent.

À l’inverse, si Stafford impose le rythme aérien et que Puka Nacua ou Davante Adams trouvent de la séparation dans le second niveau, nous pourrions assister à un match plus ouvert, potentiellement riche en points même si le vent et le froid de Lumen Field sont modérés.

Le pronostic de Temps Mort

À l’heure de trancher, difficile d’ignorer ce que Seattle dégage depuis plusieurs semaines. Dans une rivalité souvent dictée par les détails, les Seahawks semblent aujourd’hui réunir ceux qui font basculer les grands matchs : une défense capable de ralentir n’importe quelle attaque, une maîtrise du tempo et surtout, un avantage terrain qui pèse lourd dans un Lumen Field électrique. Les Rams ont des arguments, du talent offensif et l’expérience des grands rendez-vous. Mais face à une équipe de Seattle construite pour gagner des matchs serrés, sous pression, l’équilibre penche légèrement vers le Nord-Ouest. Les Seahawks ont déjà prouvé cette saison qu’ils savaient survivre aux scénarios les plus fous, encaisser les coups et frapper au bon moment.
Dans un duel qui promet d’être âpre, tendu et probablement indécis jusqu’au dernier drive, Seattle semble mieux armé pour gérer le chaos. À domicile, portés par leur public et par une identité défensive retrouvée, les Seahawks ont une occasion rare : faire de cette rivalité un nouveau tournant historique. Parce que certains matchs ne se gagnent pas seulement au talent, mais à la capacité de résister quand tout vacille.

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